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Changements climatiques et points de bascule

Point de bascule - Image par Gerd Altmann

Planète

Changements climatiques et points de bascule

Par la rédaction

Le 05/11/2020 et modifié le 10/05/2021

La Terre est le témoin ces dernières années d'une succession de records de température et de bouleversements climatiques, conséquences d'un réchauffement planétaire qui se maintient et qui modifie le climat de manière graduelle et constante. 

Cette augmentation des températures globales pourrait d'ailleurs provoquer d'autres effets, cette fois, brusques et menant à des bouleversements irréversibles, appelés point de bascule dans la science du climat..

Les points de bascule climatique et leurs effets domino sur la planète

Point de bascule

La notion de point de bascule est utilisée dans plusieurs domaines. En sociologie, l'expression qualifie par exemple un point-clé ou un moment à partir duquel des changements radicaux dans une société s'opèrent sous l'influence d'une partie souvent minoritaire de ses membres. Les scientifiques emploient également cette formule pour exprimer une notion spécifique liée au changement climatique.

L'utilisation de la notion de point de bascule en matière de climat aurait émergé il y a environ 2 décennies. Les scientifiques considèrent en effet qu'en raison du réchauffement climatique, un changement, certes minime à un moment donné au niveau d'un élément de l'écosystème, générera des conséquences irrémédiables et influera sur l'avenir de la planète dans sa globalité.

Les points de bascules climatiques sont ainsi des moments, des événements ou des situations pouvant se produire en raison du réchauffement planétaire. 

Leurs conséquences devraient provoquer un changement drastique sur Terre qui nécessitera des siècles voire des millénaires pour recouvrer leur situation initiale. Les spécialistes du climat et autres experts scientifiques ont identifié près d'une dizaine de points de bascule.

Alors que plusieurs de ces chercheurs estiment que certains de ces points de bascule ont déjà été activés, d'autres considèrent que la situation actuelle s'en approche. 

Quoi qu'il en soit, si l'un ou l'autre de ces points de bascule est atteint, la situation pourrait accélérer l’apparition des autres. 

Les points de bascule climatiques auraient en effet une influence les uns sur les autres, tels des dominos, si l'un tombe, les autres vont également subir le même sort.

 

Points de bascule : quelques exemples

La destruction de la forêt amazonienne

La végétation luxuriante de la forêt amazonienne est l'une des plus grandes étendues d'espace naturel sur un continent. Près de 6 millions de km² de végétaux se déploient en Amérique du Sud et rendent des services irremplaçables à la Terre et ses habitants en capturant du CO2 et en dégageant de l'oxygène. 

Cette forêt tropicale humide vit pourtant une situation difficile, en raison non seulement de l'augmentation des températures globales, mais aussi de la déforestation. Ces deux éléments conduisent à une baisse des précipitations sur le périmètre amazonien, une situation qui pourrait, à terme, plonger la forêt dans un déclin irréversible la transformant tout simplement en une savane. Le dépérissement de la forêt amazonienne est donc un des points de bascule.

 

La fonte des glaces en Antarctique

La couche de glace qui recouvre la partie occidentale de l'Antarctique subit elle aussi les contrecoups de l'augmentation des températures globales. Des études permettent en effet aux scientifiques de considérer que la calotte glaciaire s'étendant à l'ouest de l'Antarctique se réduit en raison du dérèglement du climat. 

Des océans qui se réchauffent ainsi qu'une élévation de la température dans l'atmosphère malmènent les couches de glace situées sur ce territoire polaire. Selon les relevés d'une équipe de chercheurs il y a quelques années, la calotte glaciaire localisée dans la partie occidentale de l'Antarctique est principalement concernée. 

Entre 1992 et 2017, la perte de glace dans l'ouest de l'Antarctique connaît un bond phénoménal, passant de 53 milliards de tonnes à 159 milliards. Ce déclin de la calotte glaciaire de l'antarctique ouest devrait occasionner une élévation du niveau de la mer et donc avoir de nombreux effets sur le quotidien de millions de personnes.

 

Le dégel du pergélisol

Pergélisol ou permafrost sont deux termes utilisés pour désigner des sols constamment couverts de glace situés par exemple en Sibérie, en Patagonie, en Alaska ou au Tibet. Le réchauffement constant du climat augmente les risques de fonte de ce pergélisol. 

En 2020, la Sibérie est ainsi au cœur de l'actualité en raison du dégel du permafrost, un phénomène qui devient de plus en plus fréquent. Si la perte de ces couches de glace déséquilibre les écosystèmes environnants, c'est l'importante quantité de CO2 dégagée lors de leur dégel qui inquiète davantage les observateurs. 

Le pergélisol est en effet un grand réservoir conservant de nombreux éléments accumulés là depuis des milliers d'années. Si ces couches de glace viennent à fondre, non seulement une quantité importante de CO2 se dégagerait dans l'atmosphère, mais d'autres gaz polluants comme le méthane s’échapperaient également. 

 

Methane

De nombreux scientifiques estiment que le pergélisol renferme deux fois plus de gaz à effet de serre que ce qui est actuellement mesuré dans l'atmosphère.

 

Des récifs coralliens à l'agonie

Sous les océans, la faune vit une souffrance silencieuse en raison de la montée constante de la température des mers. La forte récurrence des vagues de chaleur marine est en effet telle, qu'un lent stress thermique décime les récifs coralliens

Le développement des coraux est ainsi menacé et à défaut de croître, les récifs coralliens se parent d'une couleur blanche confirmant leur agonie. Cette partie des fonds marins est la victime sans le vouloir de nombreuses actions anthropiques. 

Non seulement le réchauffement global des températures des océans constitue une menace pour cette faune initialement colorée, mais la pêche excessive ou encore l'acidification des eaux marines sont d'autres menaces détruisant leur écosystème.

Transformation des forêts, perte des glaciers, destruction des fonds marins et montée du niveau des océans sont des catastrophes écologiques qui pourraient atteindre un point de non-retour si la hausse des températures globales n'est pas freinée. 

Si rien n’est fait, les chercheurs prédisent qu'il faudra plusieurs siècles, voire des millénaires, pour que les écosystèmes retrouvent leur situation initiale.

Les scientifiques ont identifié d'autres points de bascule :

Une éventuelle disparition du Gulf Stream,

Ce courant marin d'air chaud influant sur le climat de l'hémisphère nord, pourrait bouleverser les conditions climatiques de la planète entière.

Un possible dérèglement du système climatique sur le littoral nord-ouest de l'Afrique,

Ce dérèglement plongerait des régions entières dans la sécheresse alors qu'elles étaient autrefois arrosées de pluies.

Une perte envisageable des glaciers au Groenland,

Les conséquences seraient irréversibles, car les océans pourraient monter de plus de 5 m.

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