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Les déchets importés, problématique des pays en développement

dechets importes - Image par dokumol

Déchets

Les déchets importés, problématique des pays en développement

Par la rédaction

Le 12/01/2021 et modifié le 19/01/2021

Dès janvier 2021, des changements sont à noter dans les circuits mondiaux des déchets. Certains pays ferment désormais leurs portes aux importations, quand d’autres appliquent des règles plus strictes pour l’exportation de certains types de déchets. 

Dans les pays en développement pourtant, aucun changement n’est constaté. Faute de politique efficace, ils sont depuis longtemps une terre d’accueil privilégiée des déchets provenant du monde entier. La situation soulève des questions, le traitement inapproprié de ces matières étant source de problèmes sanitaires, mais aussi environnementaux.

Europe : fin des exportations des déchets plastiques vers des pays hors OCDE

L’étau se resserre en Europe pour les pays ayant pris l’habitude d’expédier leurs déchets vers d’autres cieux. Depuis le 1er janvier 2021, une mesure prise par la Commission européenne est désormais appliquée. Cette nouvelle réglementation concerne principalement l’exportation des déchets plastiques, et notamment des matières difficilement recyclables.

Avec 22 000 tonnes de plastique se retrouvant dans les océans chaque jour, cette forme de pollution est en effet un danger permanent pour l’environnement. Forts de ce constat, les dirigeants européens encadrent fortement l’exportation de ce type de déchets. Ils seront ainsi interdits d’expédition vers les pays en développement à compter de 2021, même si leur envoi vers des nations membres de l’UE est encore approuvé, moyennant l’existence d’une autorisation préalable entre l’exportateur et l’importateur.

Tonnes de plastique oceans

 

Cette nouvelle réglementation européenne est appliquée grâce à la Convention de Bâle dont le principal objet est de contrôler les mouvements des déchets dangereux entre les nations et leur élimination. Les pays en développement disposent ainsi de nouveaux arguments pour refuser ces déchets sur leur territoire.

 

Fermeture des frontières à tous les déchets en Chine

Le compte à rebours lancé en janvier 2018 en Chine est arrivé à son terme le 31 décembre 2020. Désormais, le géant de l’Asie n’accueillera plus de déchets à traiter provenant des autres pays. 

De manière progressive depuis 3 ans, l’Empire du Milieu a tour à tour interdit l’importation de déchets plastiques, en papier, textiles et autres rebuts métalliques.

Depuis plusieurs décennies, la forte accélération de l’économie chinoise a nécessité la disponibilité de quantités importantes de matières premières diverses et variées. Pour satisfaire ces besoins, de nombreux producteurs ont préféré importer depuis les pays étrangers divers rebuts de toutes sortes pour les traiter et en faire des matières premières.

Le 1er janvier 2021 marque ainsi le début d’une nouvelle ère en Chine, car même les déchets solides, dernières matières autorisées à l’importation, sont désormais refoulés aux frontières. Si cette mesure est applaudie sur le plan national, elle risque pourtant de créer de nouveaux circuits informels et inefficaces pour traiter les déchets.

 

Les pays asiatiques et africains en développement, décharges du monde

Alors que les frontières de la Chine sont désormais closes, la crainte de voir ces matières à traiter débarquer dans d’autres régions du monde se fait croissante. Au-delà du géant chinois, la majeure partie des pays d’accueil des déchets sont en effet des nations en développement dont les capacités sont souvent limitées pour freiner l’entrée sur leurs territoires de ces matières à jeter.

L’Organisation Internationale du Travail appelait par exemple à l’action il y a quelques mois contre un véritable tsunami de déchets de produits électroniques et électriques débarquant régulièrement en Afrique. 

dechets electronique infographie

 

Dans le monde, 58 millions de tonnes de déchets électroniques sont générées chaque année, alors que seulement le cinquième bénéficie d’un traitement adéquat à travers des processus de recyclage. 

Le bilan est cinglant, car des zones de plus en plus étendues dans les pays en développement croulent sous les déchets, du Nigéria au Ghana, en passant par de nombreuses autres nations africaines.

Lorsqu’ils sont débarqués dans les pays en développement, ces déchets dans leur immense proportion ne subissent aucun recyclage, faute de dispositifs adéquats et de moyens. Ainsi la plus grande partie de ces rebuts est tout simplement amassée dans des décharges à ciel ouvert où ils finissent souvent par être incinérés.

 

La gestion des déchets importés, un risque climatique dans les pays en voie de développement

La situation des déchets dans les pays en développement est une menace encore assez méconnue qui risque d’être difficilement soutenable dans les années à venir. Ces détritus importés qui s’entassent se retrouvent finalement aux côtés des déchets locaux et forment de gigantesques dépotoirs, dangereux à la fois pour la santé et l’environnement. Rien qu’en Afrique subsaharienne, 174 millions de tonnes de déchets ont été générées en 2016, et ce volume devrait connaître une augmentation à mesure de la croissance démographique.

S’ils sont incinérés d’une manière incontrôlée, il est certain que ces déchets sont un danger constant, non seulement pour la santé des personnes habitant dans les zones alentour, mais aussi pour l’environnement, en raison des émissions de gaz polluants dangereux pour la santé et l’environnement. Dans le cas des déchets organiques, leur décomposition dans ces décharges à ciel ouvert peut en outre dégager du méthane, renforçant davantage les émissions de gaz à effet de serre.

Dans la définition des stratégies pour mettre un frein au dérèglement du climat, la gestion des déchets reste pourtant un sujet majeur, cette question étant même abordée dans 7 des 17 objectifs de développement durable de l’ONU

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Les initiatives doivent ainsi naître pour aider les pays en développement à faire face à ce flux permanent de déchets envahissant leurs territoires. Pour le bien de toutes les nations, des financements sont à mettre à leur disposition pour faciliter la gestion et le traitement efficace des déchets, à défaut de réglementations encore plus strictes visant à interdire leur importation et leur exportation à travers le monde.

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