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La surpêche : menace sur les populations de poissons du Pacifique

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La surpêche : menace sur les populations de poissons du Pacifique

Par la rédaction

Le 19/02/2021

L’homme ne se contente pas de polluer l’océan Pacifique, cette immense étendue d’eau souffre également de la surpêche depuis des décennies. Cette pratique menace la pérennité même des populations de poissons depuis la frontière des eaux de l’Antarctique jusqu’aux portes de l’Arctique.

 

L’océan Pacifique et 40 ans de surpêche

Les peuples bordant l’océan Pacifique prélèvent du poisson pour se nourrir depuis des millénaires. Aujourd’hui encore, les principaux pêcheurs de poissons sauvages comme la Chine, le Pérou et l’Indonésie, se trouvent sur le littoral ou ont un accès direct aux eaux de cet immense océan. Le Japon, les États-Unis, les Philippines, l’Australie, le Chili, le Canada et la Corée du Sud, qui sont tous des grands consommateurs de poissons et de produits de la mer, exploitent aussi les ressources halieutiques du Pacifique.

Malgré sa grande superficie et ses fonds bouillonnants de vie, cet océan fait face à un véritable embouteillage de navires de pêche en tout genre. Le problème ne date pas d’hier. Les scientifiques ont tiré la sonnette d’alarme dès les années 1970, surtout concernant les espèces comme les calamars, les crabes, les crevettes et les poissons des récifs coralliens.

Des efforts ont été entrepris à partir des années 80, sans trop de succès. L’Indonésie, par exemple, a adopté un quota de pêche à 12,5 millions de tonnes par an en 2017, dans une tentative de sensibiliser les opérateurs locaux sur les vertus d’une pêche durable

Cette mesure souffre cependant d’un manque de suivi et d’un déficit de moyens de contrôle et de leviers réglementaires. En conséquence, la surpêche perdure dans plusieurs zones des eaux indonésiennes. Outre le non-respect permanent des réglementations de pêche, d’autres facteurs expliquent la surexploitation qui menace les populations de poissons et de crustacés de l’océan Pacifique :

  • Une défaillance dans la gestion des communautés et zones de pêche
  • La subvention des grosses flottes de pêche et la prolifération des navires-usines
  • La hausse de la demande dans les pays émergents comme la Chine et l’Indonésie

 

Des populations de poissons en chute libre

Sous ces pressions combinées, les populations de poissons exploitables déclinent rapidement.

 L’Australie aurait perdu 33 % de ses poissons entre 2005 et 2015 selon les experts locaux. 

Au Canada, les scientifiques s’alarment de la diminution remarquable des bancs de saumons du Pacifique depuis les années 1990.

Le thon rouge est l’une des espèces les plus menacées. Selon les dernières estimations, le nombre de ces gros poissons très prisés des restaurants de sushis aurait chuté de 96% dans le Pacifique nord, en grande partie à cause de la surpêche. 

Au rythme actuel, le statut de principale réserve mondiale de poissons de l’Océan Pacifique est menacé.

Ce problème est commun à tous les océans du monde. Selon une équipe internationale de scientifiques, la surpêche met en péril la biodiversité marine. Elle concerne jusqu’à 33 % des espèces marines, tandis que 60 % d’entre elles font l’objet d’une exploitation jusqu’à leur limite viable. 

Seuls 7 % des poissons comestibles sont sous-exploités.

 

Renforcer et uniformiser les réglementations de pêche

La surpêche est étroitement liée à l’explosion de la demande en poissons des pays développés et surtout des pays émergents. Pour ces populations, les produits de la mer apparaissent comme d’excellentes sources de protéines leur permettant d’affirmer leur nouveau statut social. On pourrait donc penser que les pêcheurs ne font que répondre à la demande du marché et s’assurer en même temps un moyen de subsistance plus ou moins durable.

Sauf que dans les faits, les pratiques mêmes des pêcheurs contribuent à l’épuisement des ressources de la mer, en particulier dans l’Océan Pacifique. D’après un rapport de la FAO en 2018, le gaspillage des poissons pêchés est une véritable catastrophe mondiale :

35 % des prises seraient jetées ou détruites soit 28 millions de tonnes chaque année. 

Un quart de ce gaspillage est attribuable aux rejets et aux prises accidentelles, lorsque les poissons sont trop petits ou non comestibles. L’essentiel des pertes résulte toutefois d’un manque d’équipement de réfrigération, entraînant une détérioration rapide des prises.

La lutte contre la surpêche requiert donc de traiter le problème de fond qu’est la pauvreté et le faible niveau d’éducation des communautés de pêcheurs. Aux Philippines, le gouvernement expérimente un programme consistant à sensibiliser les petits pêcheurs aux vertus d’une pêche durable. 

D’autres pays, comme les États-Unis et l’Australie, misent sur les zones maritimes protégées pour sécuriser les lieux de reproduction des poissons. 

Aujourd’hui, seulement 3 % des océans sont interdits à la pêche. 

Ces mesures restent cependant insuffisantes, surtout face à la croissance rapide des flottes de pêche de pays comme la Chine. Pour les pays riverains du Pacifique, le combat contre la surpêche sera vain sans une coopération renforcée et sans une réglementation commune des pratiques de pêche.

 

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