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Environnement et masques jetables ne font pas bon ménage !

Masque jetable rue - Image par Roksana Helscher

Déchets

Environnement et masques jetables ne font pas bon ménage !

Par la rédaction

Le 23/03/2021 et modifié le 23/03/2021

Un an déjà que le monde vit au rythme des restrictions sanitaires et des mesures barrières, pour briser la chaîne de propagation du Covid-19

Dans cette lutte quotidienne contre la COVID 19, le masque de protection occupe un rôle majeur. Cet accessoire médical, dans sa forme jetable, laisse une lourde empreinte environnementale.

Les masques jetables : un véritable fléau pour l’environnement

Imaginez une seconde l’ampleur de la pollution plastique causée par les masques chirurgicaux à usage unique. En supposant que chaque Français en consomme deux par jour, le pays produit environ 400 tonnes de déchets plastiques provenant de cet équipement, selon les chiffres de l’association Zero Waste France. 

Et encore, il s’agit d’une estimation basse, qui ne prend pas en compte les autres EPI comme les gants et les blouses des médecins. Pensez maintenant aux milliards de masques usagés utilisés par tous les habitants des pays touchés par la pandémie, soit quasiment l’ensemble de la population mondiale. Cela représente un amoncellement de déchets plastiques inimaginables.

Des vidéos de plongeurs qui récupèrent des gants et des masques dans les océans sont apparues sur le web ces derniers mois. Ces images ont le mérite d’alerter l’opinion sur l’ampleur de ce fléau. Ces accessoires, une fois utilisés, finissent généralement à la poubelle. Seulement, il n’est pas rare de les voir mélangés aux déchets recyclables, ce qu’ils ne sont pas, et non dans les déchets ménagers.

En France comme à l’étranger, d’énormes quantités de masques usagés se retrouvent également dans la rue, dans les caniveaux et dans les égouts. Emportés ensuite par le ruissellement des eaux de pluie, par les rivières et par les fleuves, ces composants difficilement dégradables s’ajoutent à la pollution plastique qui atteint déjà des sommets alarmants. 

Les masques non détruits peuvent étouffer et piéger les animaux marins, tandis que ceux qui se sont décomposés en milliers de particules risquent de contaminer toute la chaîne alimentaire sous-marine.

 

Des répercussions sanitaires et financières énormes

Rien qu’en France, on produit environ 50 millions de masques chirurgicaux par semaine depuis août 2020. Au Royaume-Uni, on parle de 102 millions d’équipements sanitaires jetés à la poubelle chaque semaine. Au niveau mondial, la production de ces équipements de protection représente un marché de 166 milliards de dollars selon la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement). 

Le même organisme estime qu’environ 75 % de ces masques et accessoires sanitaires utilisés durant la pandémie sont laissés dans des décharges non réglementées… ou tout simplement jetés dans la mer. Ces pratiques déraisonnées font perdre jusqu’à 40 milliards de dollars à l’économie mondiale, toujours selon les estimations de la CNUCED. Les secteurs du tourisme et de la pêche, largement dépendants de la propreté et de la biodiversité des mers, en sont les plus vulnérables.

Sur le plan sanitaire, l’élimination incontrôlée des équipements chirurgicaux usagés fait peser un risque énorme sur la santé publique, que ce soit par le biais des masques et gants infectés stockés sans précaution, ou par leur incinération à l’air libre. 

Les fumées issues du brûlage vont libérer de dangereuses toxines dans l’environnement, tandis que les accessoires infectés non traités exposent les humains au virus du Covid et à d’autres maladies transmissibles. La CNUCED s’inquiète également des impacts environnementaux de la production de ces masques en plastique. 

Ce processus entraîne une surconsommation brusque de ressources naturelles, ce qui n’est pas sans conséquence sur la biodiversité, sur la qualité des eaux et des sols ainsi que sur les rejets de CO2 dans l’atmosphère.

 

Les bénéfices environnementaux et financiers des masques réutilisables

Tous ces faisceaux de données indiquent clairement que les masques à usage unique, bien que protecteurs, présentent un bilan environnemental peu reluisant. 

Réduire leur utilisation revient à limiter significativement la pollution plastique attribuable aux équipements sanitaires anti-Covid.

Face à l’apparition des nouveaux variants, le gouvernement a largement recommandé le port de masques grand public réutilisables de catégorie 1 et les masques jetables conformes à la norme EN 14683. Il a en revanche questionné l’efficacité des masques en tissu de catégorie 2 (norme AFNOR SPEC S76-001) fabriqués de manière industrielle et les protections réutilisables en tissu « maison ». 

Cette communication peu maitrisée a conduit plusieurs écoles et employeurs à interdire tous les masques réutilisables, même ceux de catégorie 1 qui assurent une filtration supérieure à 90 %.

Ces interdictions vont à l’encontre des préconisations de l’Académie nationale de médecine, laquelle continue de recommander le port de masque réutilisable. 

Le Haut Conseil de la santé publique abonde dans ce sens, en reconnaissant la filtration élevée des masques grand public de catégorie 1. Si tout le monde, y compris les employeurs et les institutions, écoute ces conseils de bon sens, la France limitera sa pollution. 

L’absence de soutien des institutions publiques et le manque de volonté des milieux professionnels bloquent toute initiative permettant d’encourager l’utilisation d’un masque en tissu réutilisable pourtant très filtrant. 

En attendant une hypothétique mobilisation de l’exécutif et des employeurs sur la question, les déchets plastiques viennent polluer chaque jour les sols, les canaux, les égouts et les plages du pays.

 

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