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L’urgence climatique : une priorité pour la majorité de la population

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L’urgence climatique : une priorité pour la majorité de la population

Par la rédaction

Le 24/03/2021 et modifié le 24/03/2021

Que pense la population mondiale des questions liées aux changements climatiques ?

Lors d’une enquête inédite par son ampleur et sa réalisation intitulée People’s Climate Vote, le Programme des Nations unies pour le développement apporte une réponse claire et nette à cette question : plus de la moitié des personnes interrogées considèrent le sujet comme une urgence mondiale.

Une nouvelle porteuse d’espoir pour tous les défenseurs de la nature.

 

Une opinion favorable à des politiques climatiques d’envergure

Le sondage réalisé par le PNUD en partenariat avec l’Université d’Oxford en 2020 ne cherchait pas seulement à questionner la population sur l’importance du changement climatique. Les auteurs de l’étude voulaient aussi connaître le ressenti des sondés vis-à-vis des politiques climatiques menées par leur gouvernement respectif. Il en ressort que la majorité des répondants souhaitent voir leurs dirigeants mener des politiques plus radicales en faveur de la conservation de l’environnement.

Les personnes résidant dans les huit pays les plus pollueurs espèrent ainsi des mesures plus concrètes dans le domaine de l’énergie pour réduire leur empreinte carbone. À la place des combustibles fossiles, ils préfèrent les énergies renouvelables, dont l’impact environnemental est plus faible. 

Dans quatre des cinq pays où les émissions de CO2 provenant du changement d’affectation des terres sont les plus élevées, les personnes interrogées clament haut et fort leur volonté de préserver les terres et les forêts naturelles. Dans les pays les plus urbanisés, les sondés érigent en priorité l’utilisation des autobus et voitures à propulsion verte.

Globalement, les participants approuvent les mesures radicales qui aident à contenir le réchauffement climatique et conserver la biodiversité mondiale. Les décisions politiques en faveur des terres et des forêts gagnent le plus de votes (54 %), talonnées de près par la généralisation des énergies renouvelables (53 %). 

Les contributeurs souhaitent aussi davantage d’investissements dans les entreprises vertes et les procédés agricoles respectueux de l’environnement. Aux décideurs politiques maintenant de répondre à ces attentes et d’élaborer des plans réalistes et vraiment efficaces contre la déforestation, la pollution au carbone et les énergies fossiles.

 

Une sensibilité écologique dépendant du niveau d’éducation et de l’âge

Sans surprise, les niveaux d’études des répondants influent directement sur leur perception de l’urgence climatique. 

Dans les pays à faible revenu, comme la RDC et le Bhoutan, les contributeurs ayant fréquenté une école supérieure ou une université affichent un haut niveau de considération (82 %) vis-à-vis de l’urgence climatique. 

Ces chiffres sont comparables à ceux des personnes interrogées au Japon (82 %) et à peine inférieurs à ceux des pays riches comme la France (87 %).

Cette tendance explique sans doute la sensibilité plus élevée des habitants des pays développés aux questions environnementales. 

Au Royaume-Uni pas moins de 81 % des personnes interrogées considèrent les dérèglements climatiques comme une urgence mondiale. 

Cette proportion descend à 72 % pour l’Australie, 10e du classement. Les États-Unis constituent une exception en la matière, 65 % « seulement » des répondants de ce pays reconnaissent être concernés par l’urgence climatique.

Si l’on observe les réponses sous le prisme de l’âge, l’étude montre que les plus jeunes affirment volontiers leur attachement à la protection de l’environnement. Ce sentiment est aussi présent chez les plus âgés, mais à un degré moindre. Chez les moins de 18 ans, 69 % des sondés affichent leur engagement en faveur du climat, contre 65 % chez les personnes âgées de 18 à 35 ans et 66 % chez les 36 à 59 ans. 

La part d’individus sensibles à l’urgence climatique tombe à 58 % chez les 60 ans et plus. Au niveau mondial, la proportion de femmes attachées aux questions environnementales est en moyenne supérieure de 4 % par rapport à celle des hommes.

 

Un sondage inédit et d’une envergure inégalée

L’enquête menée par le PNUD se base sur les avis de 1,22 million de personnes venant de 50 pays différents. Près de la moitié des répondants soit 550 000 individus sont âgés de moins de 18 ans. Ce sondage se veut innovant, car plusieurs pays n’avaient jamais participé à une étude de ce genre. 

Les chercheurs de l’université d’Oxford et du PNUD ont aussi employé une méthodologie inédite. Au lieu du formulaire de sondage traditionnel, ils ont eu recours à des questionnaires en ligne diffusés sur des plateformes de jeux mobiles.

Cette stratégie a permis de sonder l’opinion d’un public rarement atteint par les sondages classiques comme les jeunes de moins de 18 ans. L’avis de ces jeunes citoyens compte pourtant au même titre que celui des répondants habituels. 

Le Vote populaire pour le climat ou People’s Climate Vote constitue de fait un formidable support de travail et un mandat donné aux décideurs politiques. Ces derniers sauront-ils saisir la balle au bond et initier enfin des réformes de grande envergure bénéfiques au climat et à l’environnement ? Le doute reste permis.

En France, malgré cinquante ans de politique de l’environnement, les problèmes de la pollution au carbone et des autres gaz à effet de serre sont toujours d’actualité. On imagine assez mal les décideurs politiques découvrir du jour au lendemain la solution miracle aux défis environnementaux actuels. 

Il ne faut pas non plus négliger le décalage permanent entre la parole et les actes des répondants. Se dire favorable à des politiques climatiques fortes ne signifie rien si l’on n’est pas prêt à faire des concessions sur certaines habitudes au quotidien, comme conduire une grosse cylindrée très émettrice en CO2 ou utiliser de l’électroménager fonctionnant avec des hydrofluorocarbures, par exemple. Là, on dépasse largement le simple cadre d’une enquête d’opinion. C’est tout un système économique à repenser.

https://news.un.org/fr/story/2021/01/1087902

https://www.undp.org/content/undp/fr/home/news-centre/news/2021/Worlds_largest_survey_of_public_opinion_on_climate_change_a_majority_of_people_call_for_wide_ranging_action.htm

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