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Oui au retour de la consigne des emballages en verre

Consigne bouteille verre

Déchets

Oui au retour de la consigne des emballages en verre

Par la rédaction

Le 08/04/2021 et modifié le 08/04/2021

De plus en plus de voix réclament le retour de la consigne pour réemploi des emballages en verre, du côté des producteurs comme des citoyens. C’est même une des propositions phare de la Convention citoyenne pour le climat, une idée que le Gouvernement a retranscrit dans un article du projet de loi Climat en cours d’examen à l’Assemblée nationale. Malheureusement, sa mise en place effective souffre d’une trajectoire claire et du manque de volonté du législateur et de l’exécutif.

 

Des vertus sociales et économiques reconnues

La consigne a longtemps été une habitude bien ancrée dans le quotidien des consommateurs et consommatrices en France. Cette pratique a fortement décliné dans les années 1980, avec la généralisation de l’hyperconsommation et du gaspillage

Pourtant, plusieurs études ont souligné les bénéfices du réemploi des emballages sur le plan économique et social. 

Une enquête récente de la Commission européenne note, par exemple, son impact positif sur l’emploi local. 

Elle évoque le cas de l’Allemagne, qui pourrait créer ou maintenir jusqu’à 27 000 emplois en mettant en œuvre une politique globale de réutilisation des emballages en verre. À l’inverse, la généralisation des contenants à usage unique causerait la disparition de 53 000 emplois.

 

Pollution bouteille plastique - consigne bouteille verre

 

La consigne pour réemploi génère également des économies substantielles. Une bouteille d’eau vendue dans un emballage consigné coûte 20 % moins cher qu’un même produit conditionné dans un contenant à usage unique. Cette différence de prix trouve son origine dans les économies de ressources réalisées au moment de la production. Au final, les consommateurs et les consommatrices en sont les principaux bénéficiaires… juste après l’environnement et la biodiversité.

 

Des gains écologiques significatifs

La présence du retour de la consigne parmi les propositions de la Convention citoyenne pour le climat est des plus logiques. La mission de la Convention consistait à trouver des mesures qui conduiraient la France à réduire drastiquement ses émissions de GES à l’horizon 2030. 

La généralisation de l’emploi d’emballages réutilisables entre clairement dans le cadre de cet objectif. L’empreinte environnementale des bouteilles consignées s’avère bien en deçà de celle des emballages à usage unique, qu’ils soient en verre ou en plastique.

L’essentiel de l’impact énergétique et environnemental d’un contenant se produit en effet au moment de la fabrication même, depuis l’extraction des matières premières jusqu’à leur transformation en emballage. 

On estime que les industries extractives produisent à elles seules 50 % des émissions de GES et causent plus de 90 % du stress hydrique et de la perte de biodiversité dans le monde

Le retour de la consigne va permettre de limiter fortement cet impact initial et diminuer en même temps les contenants à recycler.

Selon les calculs de Reloop et Zero Waste Europe:

Le réemploi des bouteilles en verre réduirait de 85 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport aux emballages à usage unique. 

Le gain s’élève respectivement à 75 % et 57 % pour la généralisation des emballages réutilisables en plastique et en aluminium. Et encore, ces écarts peuvent être encore accentués, moyennant une optimisation des distances de transport. La combinaison de la consigne pour réemploi et de l’économie circulaire locale pour la production et la réutilisation des emballages démultiplie les gains environnementaux inhérents à cette pratique.

 

Une victoire loin d’être emballée

Ces enjeux n’ont guère échappé au Gouvernement, qui a consacré un article entier à la consigne pour réemploi dans son projet de loi Climat et résilience. Seul problème, la mention de la généralisation de la consigne reste très vague. Les modifications apportées par les députés allègent encore plus les mesures souhaitées par le gouvernement.

L’Assemblée nationale a en effet supprimé la notion d’obligation du texte initial. Les parlementaires se sont contentés d’une « possibilité de mise en œuvre » de dispositifs de consigne sur les emballages en verre réutilisables. 

Autre couac : la généralisation de cette pratique dans tout le secteur de la grande distribution a été retirée du texte. Les députés ont en revanche ajouté une condition liée au bilan environnemental global pour l’instauration de la mesure de consigne.

L’estimation dudit bilan repose sur l’observatoire de la réutilisation et du réemploi nouvellement créé par la loi anti-gaspillage. Cette valeur tient compte notamment de la distance parcourue par les contenants dans leur cycle d’utilisation, depuis le site de fabrication jusqu’aux rayons des grandes surfaces, en passant par les centres de nettoyage, de recyclage et de reconditionnement. Le projet voté par l’Assemblée nationale limite par ailleurs l’instauration de la consigne aux seules marchandises commercialisées sur le territoire français.

 

Accélérer la réintroduction de la consigne

La réinstauration des bouteilles en verre réutilisables est une mesure difficile, certes, mais urgente. L’épuisement des ressources naturelles, causé par la fabrication de ces emballages, avance à grands pas. La pollution au carbone et au gaz à effet de serre provoquée par cette industrie extractive se poursuit également. 

Si la France souhaite vraiment atteindre ses objectifs environnementaux, définis dans l’Accord de Paris, les pouvoirs publics doivent agir sur tous les fronts pour réduire les émissions de GES et faire infléchir la courbe du réchauffement climatique.

Le rétablissement de l’obligation de la consigne des emballages en verre réutilisables est l’un des leviers les plus puissants pour y parvenir. Encore faut-il avoir la volonté politique et les moyens de pression pour convaincre les producteurs et les acteurs de la grande distribution. Que l’exécutif se rassure : l’opinion publique se range déjà du côté de la consigne pour réemploi. 

Deux sondages de l’Ifop et de l’Ademe montrent que 88 % des Français y sont favorables.

 

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