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Les SUV plombent l’efficacité énergétique du parc automobile mondial

SUV Pollution - Image par Alexander Lesnitsky

Transport

Les SUV plombent l’efficacité énergétique du parc automobile mondial

Par la rédaction

Le 08/02/2021 et modifié le 08/02/2021

L’Agence internationale de l’énergie confirme la baisse historique des émissions de gaz carbonique en 2020.

L’AIE souligne également le poids toujours croissant des SUV dans la pollution atmosphérique, une empreinte à même d’effacer les bénéfices apportés par les véhicules électriques.

 

Des émissions carboniques en baisse partout… sauf pour les SUV

Dans son rapport annuel sur la pollution au carbone dans le monde, l’Agence internationale de l’Énergie met en exergue l’impact de la crise sanitaire sur les émissions de CO2 au niveau mondial. La crise a fait reculer de 7 % les rejets de gaz à effet de serre dans l’atmosphère l’année dernière, une baisse cinq fois plus importante que celle constatée lors de la grande crise financière de 2009. 

Il s’agit tout simplement de la plus grande diminution de la pollution observée depuis le début de l’ère industrielle.

Derrière ce chiffre se cache toutefois une réalité moins encourageante : les émissions carboniques des SUV ont augmenté en 2020 de 0,5%. Cette hausse, qui semble minime, a toutefois d’énormes répercussions environnementales, sachant que les rejets de CO2 des SUV sont actuellement comparables à ceux de toute l’industrie maritime, les navires de transport inclus. Cette tendance n’est pas nouvelle. 

Au cours des 10 dernières années, les SUV commercialisés dans les pays développés constituent le seul marché dépendant des hydrocarbures dont la pollution en carbone a progressé.

À lui seul, ce segment a produit l’équivalent de 300 Mt de CO2 au cours de la dernière décennie (2010-2020). Dans tous les autres secteurs, y compris la production électrique, l’industrie lourde, le chauffage des bâtiments et les usines, les émissions carboniques ont reculé ou sont restées stables. 

Dans les pays émergents, l’industrie lourde et l’énergie ont beaucoup pesé sur la hausse des rejets en carbone. Les émissions provenant des SUV accélèrent aussi dans ces régions, à la faveur d’un marché automobile toujours plus dynamique.

 

Des véhicules utilitaires sportifs plus demandeurs en hydrocarbures

À cause de la pandémie, le marché automobile mondial a reculé de 14 % par rapport à 2019 selon les premières estimations de Marklines. 

Seuls les modèles hybrides et 100 % électriques continuent de progresser. Les ventes de voitures « zéro émission » ont augmenté de 50 % sur les 11 premiers mois de 2020. 

En Europe, soutenu par une législation plus stricte et des mesures d’incitation, le marché de l’électrique a presque doublé avec environ 800 000 unités vendues, durant les premiers mois de 2020, avant que la crise ne paralyse toute l’économie. L’électrique gagne des parts de marché, notamment en Allemagne, en France et au Royaume-Uni où il représente un peu plus de 15 % des ventes en novembre.

Le développement des véhicules propres a contribué de manière significative à la faible demande en carburants en 2020. Ainsi, on estime que les véhicules électriques permettent une baisse de 40 000 barils par jour. 

Toutefois, ces bénéfices auraient été annulés par la part toujours croissante des SUV dans le parc automobile mondial. Même si leurs ventes ont reculé de 10 % l’année dernière, ces gros véhicules puissants et polluants gagnent 3 points de parts de marché pour atteindre 42 % du total mondial.

L’AIE estime que la flotte mondiale de SUV dépasse 280 millions d’exemplaires, alors qu’ils n’étaient que 50 millions en 2010. 

Or, ces modèles consomment en moyenne 20 % de carburant en plus qu’une petite citadine ou une compacte. Aux États-Unis, où l’on préfère les plus grosses cylindrées (50 % de SUV dans le parc automobile US), la différence monte facilement à 30 %. 

Ces consommations élevées se traduisent au final par une influence grandissante sur l’augmentation des émissions de CO2 entre 2010 et 2020 aux États-Unis et dans l’Union européenne. Le parc mondial de SUV consomme en moyenne 5,5 millions de barils par jour.

 

Et les SUV électriques ?

Outre les SUV à essence ou diesel, les versions électriques gagnent aussi du terrain, limitant en partie la pollution. 

Aujourd’hui 44 % des véhicules électriques disponibles à la vente sont des SUV. Pour autant 97 % des SUV vendus l’année dernière étaient à moteur thermique.

Pour l’AIE, la montée en puissance des SUV électriques a besoin de s’amplifier, sinon les objectifs 2030 de l’Accord de Paris ne seront pas atteints. 

Ces modèles tout électriques devraient représenter 35 % des ventes de SUV en 2030, pour contrebalancer l’impact négatif de ces grosses cylindrées sur les émissions carbone du secteur automobile. L’agence souligne également la nécessité d’optimiser l’efficacité énergétique des véhicules thermiques, d’accélérer le déploiement des modèles 100 % électriques et d’encourager l’utilisation des petites citadines et des compactes.

Dans son rapport, l’Agence internationale de l’Énergie souligne que même les SUV entièrement électriques posent des problèmes d’ordre énergétique et environnemental. 

En moyenne, les voitures électriques sont alimentées par une batterie de 50 kWh, soit 22 % moins puissante que celle embarquée sur un SUV. L’ascension de ces grosses voitures électriques dans les ventes va accentuer les demandes en énergie pour la recharge, sans oublier les besoins en matériaux essentiels comme le cobalt, le nickel et le lithium.

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